ETAT DE CONSERVATION DU BIEN ET FACTEURS

AFFECTANT LE BIEN


 

 

4.a Etat actuel de conservation

 Compose de 5 édifices majeurs relies par une série de chaussées dallées, le site est aborde par un escalier monumental qui commence au Nord du temple. Ceux-ci présentent des états de conservation variables qui peuvent justifier des interventions préalables de stabilisation et un suivi opérationnel susceptible de corriger progressivement les désordres identifies.

Le monument est en bon état dans son ensemble It l'exception du Gopura V ou les désordres constates, en particulier sur la plateforme, lies aux effets conjugues des infiltrations et ruissellements des eaux de pluie (mousson) doivent faire l'objet de travaux de consolidation. Certains paillions prés en tenta des points faibles qui positon être corriges progressivement.

La question de la remise en place de certains éléments comme les piliers se pose en termes de maintien de l'esprit du lieu qui doit préserver la poésie de la "mine". Un savant dosage doit donc être effectue entre la remise en forme la plus proche de l'original et la mémoire du temps qui s'exprime par des petites altérations des formes initiales.

 

 

L’état de conservation du monument est présente ci-dessous dans l'ordre suivant : les 5 Gopuras, les plateformes, les escaliers et les chaussées.

 Gopura I et sanctuaire central:

Le corps central présente a la fois une partie du sanctuaire en bon état et une partie ruinée avec stockage des blocs de grés dans la cour du monument. Les galeries Est et Ouest sont en bon état. Par contre la galerie Sud a perdu en grande partie sa voûte et des systèmes de stabilisation d'ouvrages ont été réalises en briques

Interventions nécessaires :

Maintien dans l'état existant afin de conserver la dialectique symbolique et culturelle entre ruine et edifice en bon état de conservation. Sécuriser l'amas de blocs

 Gopura II :

 L'enveloppe de cet édifice est dans un bon état de stabilité générale. Cependant les piliers des galeries latérales Est et Ouest sont a 50% bascules bien que main tenus sur le site.

 Interventions nécessaires :

Redressement des piliers bascules et stabilisation par reprise des bases ou simple étaiement. Dégagement des passages dans l'axe principal afin d'éviter l'usure de certains éléments sculptes qui sont escalades par les visiteurs.

 

  

 

Gopura III :

De grand développement linéaire Est-Ouest, cet édifice à la structure plus complexe présente des états de stabilité assez différents. Ce sont les corps de bâtiments Sud qui présentent les plus importants désordres, dont le principal est le basculement des longs pans vers l'intérieur des salles

Interventions nécessaires :

Stabilisation des éléments a la limite de rupture par étais, étrésillons ou haubans places de façon a exprimer la sécurisation sans nuire a l'esthétique d'ensemble du monument. Travail a réaliser sur un dialogue entre archéologue, architecte et ingénieur

 

 



 

Gopura IV :

Bon état général des enveloppes et de la structure principale. Quelques désordres de stabilité verticale sont lies a l'affaissement périphérique de la plateforme supportant les divers corps de cet édifice. Ce phénomène se lit principalement sur les pignons des quatre ailes du gopura.

Interventions nécessaires :

Maintien des équilibres actuels par butons, étais ou étrésillons discrets. Pose de témoins assurant une observation régulière de la dynamique de l'édifice.

Gopura V :

Ce gopura est très affecte par les désordres de la plateforme qui présente différents mouvements d'enfoncement et de ripage des murs de ceinture dont la cause est le déplacement hydraulique des remblais ayant servi a compléter l'assise de grés dont il faudrait vérifier la présence et l'importance.

Interventions nécessaires :

Importante intervention de stabilisation des structures porteuses et franchisâtes après reprise de la plateforme. En absence de ces interventions il y a un risque de voir s'effondrer les éléments encore debout avec rupture des linteaux et destruction des frontons porteurs de décors sculptes de qualité

Les plateformes

Le principal phénomène affectant le monument semble être l'érosion hydraulique des fondations en remblais contenues dans les murs de soutènement, qu'ils soient verticaux ou de forme pyramidale (pente d'environ 40°). La pression hydrostatique des eaux d'infiltration dans le remblai de ces plateformes tend a provoquer une expansion des blocs d'angle dans deux directions perpendiculaires. Ceci entraine une ouverture des joints et un dérapage des lits d'assise a tous les niveaux.

   

Les escaliers le long de la chaussée

Etablis sur des escarpements de grés ils sont constitues de marches en partie taillées dans la masse et de marches rapportées qui sont posées sur des remblais d'un mélange apparemment constitue de sable et d'argile. On assiste donc a une dislocation des emmarchements qui sont mal fondes. La pente naturelle renforce le phénomène de glissement des blocs qui se regroupent dans des amas difficilement praticables et dangereux pour les piétons. Pour les marches en pleine masse de grés, on constate une certaine usure et également des fissurations qui témoignent de la relative fragilité du minéral.

Actuellement des sacs de sable argileux ont été mis en place pour compenser la perte de certaines marches rapportées qui ont disparu ou glisse de leur position initiale.

 

 

 

  

Les ailées reliant les gopuras

Comme la plupart des ouvrages établis au long de la pente du site, les allées sont tantôt en remblais tantôt directement aménagées en plateforme directement arasée dans le grés en masse. La également les ouvrages en remblais souffrent du phénomène de lavage des matériaux par ruissellement et infiltration avec affaissement des dalles de pavage et basculement des murs de soutènement. Ce mécanisme se renforcera dans le temps avec le risque de perdre certains éléments d'accompagnement et de balisage comme les bômes de grés dressées sur les larges couronnements des murs de soutènement.

  

     

  

  

  

 

   

  

  

   

4.b Facteurs affectant le bien

(i) Pressions dues au développement

Etant donne la situation géographique du bien dans cette région reculée et très peu peuplée du Cambodge, au milieu des Dangrek, rancune pression importante liée au développement n' est a signaler sur le site. Le bien est de plus protège comme patrimoine national.

Cependant, comme il en est fait état dans la description, un village existe a l'intérieur du bien même. Pour les habitants de ce site, l'activité touristique représente une part non négligeable de leurs activités économiques.

Mines anti-personnelles :

Le site a été fortement mine a l'époque des Khmers rouges. L'association Cambodgien Mine Action Centre est présente sur le site pour réaliser les opérations de déminage. Ces travaux sont pratiquement achèves sur l'ensemble du périmètre de protection du bien propose. Les abords du temple ainsi qu'une grande partie du plateau ont été démines. II reste quelques poches a traiter au nord-ouest du périmètre (a l'ouest du village au delà du bassin de rétention) et a proximité de l' escalier Est. Le programme est interrompu de janvier a mai 2006 et sera repris en juin 2006 afin d'achever le déminage de 1'ensemble du site.

(ii) Contraintes liees a I'environnement

La région ou se trouve le site sacre du temple de Preah Vihear se trouve dans une zone climatique tropicale marquée par la mousson.

Le site proprement dit est inscrit dans un environnement végétal en équilibre. C'est particulièrement le cas du secteur Est qui, dans la partie thaïlandaise, a fait l'objet de la création d'un parc naturel et archéologique national. C'est également le cas sur les flancs proprement dits du promontoire du Preah Vihear.

La plaine qui s'étend au Sud du site et qui a été l'objet de la mise en place d'une zone de protection exprime également cette qualité environnementale qui doit renforcer la valeur patrimoniale de l'ensemble.

La climatologie et le site sacre du temple de Preah Vihear.

Constat global

Les rois khmers ont construit le temple de Preah Vihear sur un promontoire dénude de la chaine des Dangrek. Du haut de sa falaise celui-ci domine, au sud, la plaine cambodgienne de plus de cinq cents mètres. Cette situation très exposée, rend l'ensemble du site sensible aux agressions et aux rigueurs d'un climat de montagne aggrave par les conditions de la mousson.

Etat climatologie et bilan sommaire

Ces données ont été traitées à partir des relèves météorologiques relatifs aux années 1999 à 2003, effectues dans les stations situées en Thaïlande à proximité du site de Preah Vihear it savoir: SI SA KET (1), KANTHARALAK (2) et UBON RATCHATHANl (3).

Localisation des stations météorologiques

 

Le tableau ci-apres resum les principales climatiques

sur le site sacre du temple de Preah Vihear

  J F M A M J J A S O N D Moyennes
 

Mousson du nord-est

   

Mousson du Sud-est

Mousson du nord-est

 

T* C min 10.8 10 16.5 21.5 21.2 22.4 22.7 22 21.6 18 14.2 6.8 17.3
      max 36.3 36.7 39.6 40.7 38.7 36.4 35.7 34.6 34.3 34.4 34.5 34.6 36.3
                           
Humidite % 38.6 27.4 37.2 42 49 55.2 59.4 59.8 59 46.0 42.5 44.4 46.7
                           
Pluie en mm 4.7 8.0 48.5 109.1 176.0 221.9 220.9 229.1 293.2 107.4 69.2 8.6 124.7
                           
Nombre de jours de pluie 1 1 5 6 13 15 16 14 17 10 4 1 104
                           
Ensoleillement (heures/jour) 7.8 8.5 7.6 7.9 6.8 6.1 5.9 5.6 4.8 6.7 6.9 7.2 6.8
                           
Evaporation (en mm) 121.44 122.7 146 151.02 130.02 118.36 111.68 100.82 103.14 106.06 116.06 124.5 120.9

De l'ensemble de ces données, un certain nombre d'observations et de recommandations peuvent être prescrites pour la protection du site.

La pluviométrie.

Le volume des pluies annuelles avoisine les 1500 millimètres. Les précipitations se déroulent principalement de juillet a septembre. Les 2/3 du volume des précipitations arrosent le site pendant cette période.

Elles provoquent une érosion importante des surfaces archéologiques et entrainent des tassements dans l' ensemble des remblais des terrasses des temples par drainages des éléments fins.

Une attention toute particulier devra a court et long termes, être portée sur les dispositifs de drainages a réhabiliter ou a mettre en place.

II y a lieu de remarquer que l'évaporation est largement équivalente aux précipitations. Ce phénomène induit a terme un risque de pénurie d'eau.

Ce risque doit être pris en compte dans le cadre de l'aménagement du site. Ce handicap avait déjà été identifie par les bâtisseurs du temple qui l'avaient compense par la construction in situ de plusieurs réservoirs d' eau.

En conséquence, un aménagement du bassin de rétention situe prés du village de la pagode doit pouvoir répondre a cette préoccupation. Compte tenu de la présence de nombreuses dalles de grés affleurâtes dans la partie haute du site, on peut considérer que celui-ci opère comme un collecteur des eaux de ruissellement qu'il est alors possible de canaliser et de stocker.

Action des vents.

La situation du site élève sur un promontoire favorise l'érosion par le vent et le dépôts de remblais dans les zones abritées. Des phénomènes intenses se développent par le

jeu des surpressions et des dépressions allant jusqu'a des effets de venturi qui amplifient la puissance érosive de la pluie battante des moussons.

Une structure végétale, formant a la fois enveloppe a distance et écrans actifs permettrait de réduire ces phénomènes éoliens en dispersant l'énergie par la génération de remous de puissance limitée.

Actions des gradients thermiques

Des écarts de température voisinant les 40 degrés peuvent être observes entre les façades ensoleillées et les zones d'ombres. Ce phénomène est amplifie par le déplacement de l'ensoleillement au cours de la journée qui induit des déformations alternatives des parties constitutives des ouvrages (échauffement = dilatation; refroidissement = contraction). Ces cycles entrainent des éclatements de surface des grés utilises pour la consomption des divers édifices.

La également, le renforcement de la végétation environnante introduirait une climatisation de l'atmosphère et contribuerait a un abaissement sensible des températures moyennes. La préservation de certains grands arbres et éventuellement leur multiplication apporterait localement des ombrages régulateurs des échauffements local lx.

En conclusion les solutions aux problèmes d'environnement et du paysage doivent être largement intégrées au plan de gestion du site pour répondre a l'ensemble des contraintes générées par le climat.

(iii) Catastrophes naturelles et planification préalable

Le Cambodge ne se situe pas dans une zone sismique. De plus, de par sa situation géographique, a plus de 600 m d'altitude, le bien ne se trouve pas en zone inondable. Cependant, le site se trouvant dans un emmitonnèrent boise, des feux de foret en saison sèche pourrait éventuellement survenir. Le plan d'action propose pour .la gestion du bien devra prendre en compte ce risque

(iv) Contraintes dues aux visiteurs

Le nombre de visiteurs sur le site est faible avec en moyenne 185 personnes par jour. A ce niveau, cela ne parait pas affecter le bien même si pénombre de visiteurs a augmente de façon conséquente depuis 1999 (14 719 visiteurs en 1999, 67843 en 2004).

(v) Nombre d'habitants dans le périmètre du bien et dans la zone tampon

Nombre d'habitants dans le périmètre du bien: 775

Nombre d'habitants dans la zone tampon: aucun


 

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